Export - Livrables.
Le master d'abord, les copies ensuite. On fabrique une fois un fichier de qualité maximale, et toutes les versions de diffusion en descendent. Jamais l'inverse. Le module montre chaque décision qui fait qu'un film arrive intact sur un téléphone, une chaîne de télévision ou un écran de cinéma.
Un rapport de cadre est une division
16:9 vaut 1,78, le scope 2,39, le plein écran d'un téléphone 0,5625. La résolution ne dit rien du format : 1920 × 1080 et 3840 × 2160 sont tous les deux en 16:9.
Un 9:16 extrait d'un 16:9 ne garde que 32 % de l'image. Ici, le visage traverse le cadre : un recadrage fixe au centre le perd pendant une partie du plan. Soit on tourne large avec la zone verticale protégée, soit on tourne deux fois, soit on assume un recadrage très serré.
On compose dans le format le plus large du livrable, on protège les autres par des repères, et on décline au montage. Le recadrage ne se décide jamais à l'export : c'est un choix de mise en scène.
Glossaire
- Master
- Le fichier de qualité maximale dont descendent toutes les versions de diffusion, en ProRes 422 HQ ou DNxHR HQX le plus souvent. On ne le diffuse pas.
- Livrable
- Un fichier remis à un client, une plateforme ou une chaîne, conforme à sa fiche technique. Un même film en compte souvent plusieurs.
- Rapport de cadre
- La largeur divisée par la hauteur : 16:9 vaut 1,78, le scope 2,39, le vertical 9:16 vaut 0,5625. La définition ne le dit pas : 1920 × 1080 et 3840 × 2160 sont tous deux en 16:9.
- Définition
- Le nombre de pixels en largeur et en hauteur : 1920 × 1080 pour le Full HD, 3840 × 2160 pour l'UHD. Agrandir ne crée aucun détail : on masterise dans la plus haute du livrable.
- UHD, 4K DCI
- Deux formats appelés « 4K ». L'UHD des téléviseurs fait 3840 × 2160, en 16:9. Le 4K DCI du cinéma fait 4096 × 2160, environ 1,90:1.
- Rapport de pixel
- La forme d'un pixel : 1,0 quand il est carré. Le HDV stocke 1440 × 1080 avec des pixels 1,333 fois plus larges que hauts, affichés en 1920 × 1080. Mal interprété, tout est déformé.
- Zone de sécurité
- La marge où l'on garde l'action et les titres. À la télévision, EBU R95 : 93 % de l'image pour l'action, 90 % pour les titres. Sur le vertical, l'interface des réseaux couvre le haut et le bas.
- Cadence
- Le nombre d'images par seconde : 24 au cinéma, 25 pour la télévision et la publicité en Europe, 23,976 et 29,97 en Amérique du Nord. Elle ne change pas la vitesse, seulement le nombre de photos prises pendant le mouvement.
- Temps de pose
- La durée pendant laquelle chaque image est exposée. La règle des 180° : la moitié de l'intervalle entre deux images, soit 1/48 s à 24 i/s et 1/50 s à 25.
- Flou de bougé
- Le filé d'un objet qui bouge pendant la pose. À 24 ou 25 i/s, il donne le rendu cinéma. À 50 i/s au 1/100 s, presque tout est net : le rendu du sport et du direct.
- Réinterpréter
- Lire les mêmes images à une autre cadence. Rien n'est jeté, mais la durée change, et le son avec : de 24 à 25 i/s, le film accélère de 4 % et monte d'environ 0,7 demi-ton.
- Convertir
- Changer de cadence en gardant la durée : des images sont répétées, jetées ou fabriquées par interpolation. Une seule fois, et depuis le master.
- Entrelacé, progressif
- Une image entrelacée est faite de deux trames, lignes paires et lignes impaires, prises à deux instants. Le 1080i25 des chaînes françaises compte 50 trames par seconde. Le web veut du progressif.
- Timecode
- L'adresse de chaque image : heures, minutes, secondes, images. 10:00:00:00 marque souvent la première image du programme dans un PAD.
- Drop frame
- Le timecode compensé du 29,97. Il saute deux numéros par minute, sauf toutes les dix minutes, pour rester à l'heure. Il saute des numéros, jamais des images. On le reconnaît au point-virgule : 00:59:59;29.
- Codec
- La façon de compresser l'image ou le son : H.264, H.265, ProRes, XDCAM, VP9. C'est lui qui fait la qualité et le poids.
- Conteneur
- L'enveloppe qui réunit l'image, le son et les métadonnées : .mp4, .mov, .mxf, .webm. Un .mov ne dit rien de la qualité : tout dépend du codec qu'il contient.
- Intra, long GOP
- Un codec intra compresse chaque image seule, en entier : lourd mais fluide au montage, comme le ProRes. Un codec long GOP stocke une image complète, puis seulement ce qui change : léger, fait pour la diffusion, comme le H.264.
- Débit
- La quantité de données par seconde, en mégabits par seconde (Mb/s). Le poids du fichier en découle : débit × durée ÷ 8. 8 Mb/s pendant 30 s font 30 Mo.
- VBR, CBR
- En débit variable (VBR), l'encodeur dépense plus sur les plans difficiles. En débit constant (CBR), il dépense autant partout : certaines diffusions l'exigent.
- Sous-échantillonnage
- La couleur stockée pour un groupe de pixels plutôt que pour chacun, parce que l'œil voit mieux la lumière que la couleur. 4:4:4 : chaque pixel. 4:2:2 : deux pixels sur une ligne. 4:2:0 : un carré de quatre.
- Profondeur
- Le nombre de niveaux par couche : 256 en 8 bits, 1024 en 10 bits. L'écart ne se voit pas à la livraison, il se voit à l'étalonnage : un dégradé sombre se coupe en marches.
- Génération
- Un encodage de plus. Chaque génération ajoute ses défauts à ceux de la précédente, et ils ne s'enlèvent jamais. Toutes les versions descendent du master, en parallèle.
- Couche alpha
- La transparence d'une image. ProRes 4444, DNxHR 444, séquences PNG ou EXR, et VP9 sur le web la conservent. Le H.264 ne la porte pas.
- Étiquettes de couleur
- Les métadonnées qui disent au lecteur comment afficher l'image : primaires, courbe de transfert, matrice. Le BT.709 s'écrit 1-1-1. Sur Mac, QuickTime l'affiche avec un gamma proche de 1,96 au lieu de 2,4 : l'image paraît délavée.
- Loudness
- Le volume perçu sur la durée, mesuré en LUFS (ou LKFS, qui mesure la même chose). On livre un mix à un loudness cible, plus à une crête.
- LU
- L'écart entre deux mesures de loudness. Un mix à -18 LUFS est 5 LU trop fort pour une cible de -23.
- Crête vraie
- Le niveau maximal du signal une fois reconstruit, entre les échantillons, en dBTP. Les fiches imposent un plafond : -1 dBTP pour EBU R128, souvent -3 pour les chaînes françaises, -2 pour Netflix.
- EBU R128
- La recommandation européenne : -23 LUFS, à ±0,5 LU près en général. Les États-Unis appliquent ATSC A/85 : -24 LKFS. Netflix mesure les seuls dialogues : -27 LKFS.
- Normalisation
- Ce que font YouTube, Spotify et les réseaux : ils baissent ce qui dépasse leur cible, autour de -14 LUFS. Un mix écrasé pour être fort est baissé comme les autres, et il ne lui reste que sa dynamique perdue.
- PAD
- Prêt à diffuser : le fichier livré à une chaîne. En France, MXF OP1a profil AS-10, XDCAM HD422 50 Mb/s en 1080i25, huit pistes son, selon la recommandation CST RT-040 puis la fiche de la chaîne. Il passe un contrôle technique.
- DCP
- Digital Cinema Package : le paquet qu'on livre à une salle. Image en JPEG 2000 dans des fichiers .mxf, son, index XML. Souvent chiffré : une clé (KDM) l'ouvre pour un projecteur et des dates.
- IMF
- Interoperable Master Format : le paquet master des plateformes, qui réunit image, sons, sous-titres et versions dans un seul ensemble.
- Test de flashs
- Un contrôle automatique des clignotements, dangereux pour les personnes épileptiques photosensibles. La règle : pas plus de trois flashs par seconde sur plus d'un quart de l'écran (Ofcom, ITU-R BT.1702). Le test de Harding le mesure.
Les codecs
H.264 dans .mp4. Diffusion web. Lu partout, y compris sur les machines anciennes. Le choix par défaut.
H.265 dans .mp4. Environ la moitié du poids à qualité égale, compatibilité plus capricieuse.
ProRes 422 HQ dans .mov. Le master de travail. La source de tous les autres exports. On ne le diffuse pas.
ProRes 4444 dans .mov. Alpha conservé, sans sous-échantillonnage. Le choix courant pour un habillage.
XDCAM HD422 dans .mxf. Le PAD des chaînes françaises (MXF OP1a, profil AS-10, recommandation CST RT-040).
VP9 dans .webm. Boucles et habillages pour le web. Le VP9 sait porter l'alpha.
Les cibles de loudness
Télé européenne, -23 LUFS. -1 dBTP (EBU R128). Les chaînes françaises demandent souvent -3 dBTP : la fiche du diffuseur fait foi. Normalisé en loudness et non en crête. Un écart au-delà de la tolérance fait revenir le PAD.
Télé américaine, -24 LKFS. -2 dBTP (ATSC A/85). Même principe qu'en Europe, avec une autre cible. LKFS et LUFS mesurent la même chose.
Netflix, -27 LKFS. -2 dBTP. Mesure sur les dialogues seuls. La mesure ne porte que sur les passages dialogués : la musique et les effets peuvent monter sans compter.
YouTube, Spotify, ≈ -14 LUFS. -1 dBTP conseillé. La plateforme baisse ce qui est plus fort que sa cible. Un mix plus faible est joué tel quel, ou très peu remonté : il paraîtra plus bas que ses voisins.
Instagram, TikTok, ≈ -14 LUFS. -1 dBTP conseillé. Aucune valeur officielle publiée. Les mesures indépendantes tournent autour de -14 LUFS. Visez-le et vérifiez sur le téléphone.
Un fichier par destination
Master de travail · ProRes 422 HQ. Conteneur : .mov · Codec : ProRes 422 HQ (ou DNxHR HQX) · Définition : La plus haute du livrable · Cadence : Celle de la fiche, à défaut celle du tournage · Son : PCM 48 kHz, 24 bits. La source de tous les autres exports. On ne le diffuse pas. Il se conserve, mais il ne tient pas lieu d'archive.
Avec transparence · ProRes 4444. Conteneur : .mov · Codec : ProRes 4444, DNxHR 444, ou séquence PNG ou EXR · Alpha : Conservé, sans sous-échantillonnage · Son : Souvent aucun. Le choix courant pour un habillage, un titre ou un logo animé posé sur un autre film.
Conservation · Séquence EXR ou DPX. Format : Séquence .exr ou .dpx · Profondeur : 16 ou 32 bits · Avec : Le projet, les sources, les polices, les licences. Un master compressé n'est pas une archive. Si on vous demande une correction trois mois plus tard, on vous demande en réalité si vous avez gardé le master.
YouTube · H.264 · 8 Mb/s en 1080p. Conteneur : .mp4, avec l'option Fast Start · Codec : H.264 High Profile, progressif, 4:2:0, débit variable · Images clés : GOP fermé de la moitié de la cadence, 2 images B · Débit : 8 Mb/s en 1080p, 35 à 45 en 4K (davantage à 50 ou 60 i/s) · Couleur : BT.709, étiquette 1-1-1 · Son : AAC-LC 48 kHz, 384 kb/s en stéréo. Valeurs publiées par YouTube. Envoyez à la cadence du tournage : la plateforme ne convertit pas mieux que vous.
Instagram, TikTok, Shorts · H.264 · 1080 × 1920. Conteneur : .mp4 · Codec : H.264, 4:2:0 · Définition : 1080 × 1920 · Son : AAC 48 kHz, stéréo · Débit : Aucune valeur officielle publiée. Toutes les plateformes réencodent. Envoyez un fichier propre, pas sur-compressé, et gardez le texte hors des zones de l'interface (onglet Cadres).
PAD télé, France · MXF · XDCAM HD422. Conteneur : .mxf OP1a, profil AS-10 · Codec : XDCAM HD422, MPEG-2 4:2:2, 50 Mb/s · Image : 1920 × 1080 entrelacé, 25 images (50 trames) · Son : 8 pistes PCM 48 kHz, -23 LUFS · Amorce : Barres, 1 kHz, première image à 10:00:00:00 · Référence : CST RT-040, puis la fiche de la chaîne. Un fichier contractuel, pas un export. Il passe un contrôle technique avant d'être accepté, et la moindre différence avec la fiche le fait revenir. Pour une publicité, l'avis favorable de l'ARPP est demandé en plus.
Plateforme, type Netflix · IMF · SDR et HDR. Paquet : IMF : image, sons, sous-titres et métadonnées · Image : Master peu compressé, versions SDR et HDR · Son : -27 LKFS sur les dialogues, ±2 LU, crête -2 dBTP · Contrôle : Automatique, visionnage intégral, test de flashs. Les spécifications changent plusieurs fois par an. Demandez la version en cours avant l'étalonnage, pas avant la livraison.
Salle de cinéma · DCP. Paquet : Un dossier : .mxf image, .mxf son, index XML · Image : JPEG 2000 12 bits, en XYZ · Conteneur 2K : 2048 × 1080 (4K : 4096 × 2160) · Son : PCM 24 bits, 48 kHz, ordre des canaux imposé · Chiffré : Clé (KDM) valable pour un projecteur et des dates. Le DCP n'est pas un export, c'est un paquet. Une clé demandée la veille, c'est une projection qui n'aura pas lieu.
Boucle sans son · H.264 ou VP9. Conteneur : .mp4 ou .webm · Codec : H.264 ou VP9 · Son : Aucune piste. Retirez la piste audio plutôt que de la mettre à zéro : une piste muette pèse pour rien, et une vidéo sans piste son se lance automatiquement partout, même si l'on oublie de la déclarer muette.
Les huit vérifications
La première et la dernière image. Une image noire orpheline, un flash, une image de trop. C'est le défaut le plus fréquent et le plus visible.
Le son. Niveau, mono ou stéréo, clic en début de piste, silence final. Écoutez au casque et sans casque.
Les bords. Pixels transparents sur un côté, vignettage asymétrique, texte trop près du cadre. Vérifiez les zones de sécurité.
Les textes. Fautes, lignes veuves, contraste insuffisant, mention légale oubliée. Faites relire par quelqu'un d'autre.
Format et cadence. Résolution, cadence, rapport de pixels. Un export en 24 au lieu de 25 ne se voit pas tout de suite, mais se voit.
La durée exacte. Une publicité de trente secondes fait trente secondes, pas trente secondes et deux images.
Le nom du fichier. Projet, version, date, format. Sans espaces ni accents. C'est la première chose que verra le client.
Un autre écran. Regardez le film sur un téléphone et sur un écran non calibré. C'est là que les noirs se bouchent et que les textes disparaissent.
Sources : le dossier de cours Du brief au master (Xavier Reyé, 2026), pages 108 à 115 · YouTube, réglages d'encodage recommandés · EBU R95 (zones de sécurité) et EBU R128 (loudness) · ATSC A/85 · CST RT-040 (PAD) · spécifications de livraison Netflix · Ofcom et ITU-R BT.1702 (flashs) · zones de sécurité publicitaires de Meta. Vérifié en novembre 2026. Musique : Stars as my guide, Xavier Reyé.
Dix questions : trois formats à reconnaître, sept sur les cadences, la compression, le son et les livrables.
