Pédagogie · Cours

Color Harmony.

Les bases de l'harmonie chromatique sur une roue à douze teintes : les schémas classiques, leur dosage et leur lisibilité, et ce qui change entre les couleurs des peintres, celles de l'écran et celles de l'œil.

La roue

RougeRouge-orangéOrangeJaune-orangéJauneJaune-vertVertBleu-vertBleuBleu-violetVioletRouge-violetRouge#FE2712Cliquez une teinte pour la prendre comme base

Douze teintes, deux modèles

La roue des peintres (RYB, rouge, jaune, bleu) et celle de l'écran (RGB) n'ont pas les mêmes teintes en face l'une de l'autre : la même figure géométrique y pointe des couleurs différentes. Choisissez une base, puis un schéma : la roue trace la figure, l'affiche montre la palette en situation.

Complémentaire : deux teintes opposées, contraste maximal. Analogue : des voisines, harmonie douce. Triadique : trois teintes équidistantes, vif et équilibré. Split-complémentaire : la base et les deux voisines de son opposée, fort mais moins brutal. Carré et tétradique : deux paires d'opposées, très riche, à condition qu'une teinte domine.

Rouge, jaune, bleu sont les primaires du modèle traditionnel des peintres. Avec de vraies encres, les primaires qui donnent le plus de mélanges sont plutôt cyan, magenta et jaune : la roue RYB est un outil d'harmonie, pas une loi de mélange.

Complémentaires et mélanges

Rouge#FE2712
#66B032
Peintreroue RYB
Rouge#FE2712
#12E9FE
ÉcranRGB · HSL + 180°
Rouge#FE2712
#00E3FF
ŒilOKLCH + 180°
Teinte de départ

Trois façons d'être opposé

La roue des peintres place le vert en face du rouge, le violet en face du jaune. L'écran, lui, oppose le rouge au cyan et le jaune au bleu : c'est le complémentaire RGB, celui qu'on obtient en ajoutant 180° à la teinte HSL.

L'œil ne suit ni l'un ni l'autre exactement. La vision code la couleur en paires antagonistes, et l'opposé perçu se mesure dans un espace perceptif comme OKLCH ou CIELAB : on y ajoute 180° à la teinte. Le module la montre dans sa version la plus vive : à clarté égale, l'opposé d'une couleur très claire comme le jaune ne serait qu'un blanc à peine teinté. Il est proche de celui de l'écran, mais décalé, car HSL n'est qu'une transformation du RGB.

En pratique : pour le contraste le plus fort côte à côte, prenez l'opposé perçu. Pour neutraliser une peinture sans la faire virer, raisonnez en pigments.

Une couleur change aussi d'aspect selon ses voisines : c'est le contraste simultané, l'un des sept contrastes de Johannes Itten, traités dans le tuto Composition - Perception.

L'arbre de Munsell

Cliquez une pastille
Pastilles hors écran

Le solide de Munsell

Albert Munsell a rangé les couleurs selon trois axes perceptifs : la teinte (le tour), la valeur (la clarté, de bas en haut) et le chroma (la saturation, du centre vers l'extérieur). Les pastilles ici sont les 2 734 couleurs « réelles » de la renotation de 1943 (Newhall, Nickerson et Judd) : les mesures de l'atlas, lissées et prolongées jusqu'aux couleurs les plus saturées qu'une surface peut renvoyer, puis converties pour l'écran.

Le solide est bosselé : les teintes n'atteignent pas toutes le même chroma. Dans l'atlas de Munsell, avec les pigments de son époque, le rouge le plus fort était environ deux fois plus puissant que le bleu-vert le plus fort ; jusqu'aux limites des couleurs réelles, les écarts changent : ici, de 16 pour le bleu (5B) à 32 pour le pourpre (5P). Cette séparation de la teinte, de la clarté et de la saturation est l'ancêtre direct de CIELAB, puis d'OKLCH.

Glossaire

Teinte
La couleur elle-même, sa place sur la roue : rouge, orange, jaune… Indépendante de la clarté et de la saturation.
Primaires (RYB)
Rouge, jaune, bleu : les primaires du modèle traditionnel des peintres. Avec de vraies encres, les primaires les plus efficaces sont cyan, magenta et jaune.
Secondaires et tertiaires
Secondaire : le mélange de deux primaires (orange, vert, violet). Tertiaire : une primaire et la secondaire voisine, soit les six teintes intermédiaires.
Complémentaire
Deux teintes opposées sur la roue : contraste maximal. L'opposé diffère selon le modèle : peintre (RYB), écran (RGB) ou œil (OKLCH).
Analogue
Des teintes voisines sur la roue : une harmonie douce, peu contrastée.
Triadique
Trois teintes équidistantes, à 120° : vif et équilibré.
Split-complémentaire
Une teinte et les deux voisines de son opposée : contraste fort, moins brutal que la complémentaire.
Carré et tétradique
Deux paires d'opposées, en carré (90°) ou en rectangle : très riche, à condition qu'une teinte domine.
Chaudes et froides
Rouge → jaune d'un côté, vert → violet de l'autre. Les chaudes tendent à paraître plus proches : une tendance, la clarté et la saturation pèsent davantage.

Sources : données de la renotation Munsell (Newhall, Nickerson et Judd, 1943), RIT Munsell Color Science Laboratory ; A. H. Munsell, A Grammar of Color (1921) ; OKLab / OKLCH de Björn Ottosson (2020) ; ratio de contraste WCAG 2 ; simulation des daltonismes d'après Machado, Oliveira et Fernandes (2009) ; mélange des peintures avec spectral.js de Ronald van Wijnen (Kubelka-Munk, licence MIT).

Dix questions sur la roue, les schémas, les opposés, les proportions et le solide de Munsell.