Composition - Grille.
La proportion d'une page, ses marges, sa grille intérieure : la structure invisible qui précède tout choix de couleur ou de typographie. Les principes classiques, avec leurs sources et leurs paramètres mesurables.
La page
Le canon de Van de Graaf
Une construction géométrique pour poser le bloc de texte, décrite par J. A. van de Graaf en 1946 et popularisée par Tschichold, qui l'appelle « le canon d'or de la construction de page ». Lancez le tracé : cinq traits suffisent.
Résultat : marge intérieure 1/9 de la largeur, extérieure 2/9, haute 1/9 de la hauteur, basse 2/9. Sur une page 2:3, le ratio des marges est 2:3:4:6 et la hauteur du bloc égale la largeur de la page.
- Les deux diagonales du livre
- Les diagonales de chaque page
- La verticale, du croisement vers le haut
- L'oblique vers le croisement de l'autre page
- Le bloc de texte
- Intérieure
- 22,2 mm
- Haute
- 33,3 mm
- Extérieure
- 44,4 mm
- Basse
- 66,7 mm
- Bloc de texte
- 133 × 200 mm (200 × 300 mm)
- Ratio des marges
- 2 : 3 : 4 : 6
La grille
Les types de grille
Josef Müller-Brockmann (1914-1996), figure du style suisse, formalise le système modulaire dans Grid Systems in Graphic Design (1981) : « Le travail du designer doit avoir la qualité clairement intelligible, objective, fonctionnelle et esthétique de la pensée mathématique. »
Grille en colonnes : deux à six colonnes séparées par des gouttières. Magazines, journaux, web.
Le regard
Tiers et section d'or
La règle des tiers : diviser l'image en neuf parties égales ; les quatre intersections sont les positions privilégiées des éléments importants. Un point focal décentré crée plus de tension dynamique qu'un point centré ; on avance aussi que l'œil y revient plus volontiers, ce que les études ne confirment qu'en partie.
1/3 ≈ 0,333 est une approximation simple de la section d'or (0,382, soit 1 - 1/φ). Une convention utile, pas une loi. Déplacez le sujet.
Décentré
- x
- 0,62
- y
- 0,40
L'échelle
Générer l'échelle
Construire une échelle modulaire : choisir une taille de base (16 pt web, 11 pt print), choisir un ratio (φ 1,618, √2 1,414, octave 2), générer l'échelle. Chaque pas multiplie le précédent par le ratio ; vers le bas, on divise.
Base 16, ratio φ : 6,1 → 9,9 → 16 → 25,9 → 41,9 → 67,8. Base 16, ratio 1,5 : 7,1 → 10,7 → 16 → 24 → 36 → 54.
6,1 → 9,9 → 16 → 25,9 → 41,9 → 67,8
Grilles à télécharger
Les constructions du cours en calques PNG transparents, prêts à poser dans After Effects, Photoshop ou Premiere : choisissez la grille, le format et la couleur du trait.
Glossaire
- Format
- La proportion de la page, son rapport hauteur / largeur : la première décision de toute mise en page, l'espace dans lequel tout le reste s'inscrit.
- 2:3
- Proportion harmonique simple (ratio 1,5) : la majorité des manuscrits médiévaux et des incunables. Tschichold la considère comme la base la plus stable.
- 1:√2 (ISO 216)
- Ratio ≈ 1,414 : norme allemande DIN 476 (1922), devenue la norme internationale ISO 216 (A4, A3…) en 1975. Couper la feuille en deux selon le côté long donne deux feuilles de même proportion ; A0 mesure 1 m² par construction (841 × 1 189 mm).
- 1:φ (nombre d'or)
- Ratio ≈ 1,618, utilisé en architecture et en art depuis l'Antiquité ; Tschichold rapporte son usage en typographie entre 1550 et 1770.
- Letter US
- 8,5 × 11 pouces (≈ 1:1,294), le standard nord-américain (ANSI A), plus carré que l'A4 ou le 2:3.
- Canon de Van de Graaf
- Une construction géométrique pour poser le bloc de texte, décrite par J. A. van de Graaf en 1946 et popularisée par Tschichold, qui l'appelle « le canon d'or de la construction de page ».
- Marges 2:3:4:6
- Le ratio des marges du canon sur une page 2:3 (intérieure : haute : extérieure : basse) : 1/9 de la largeur à l'intérieur, 2/9 à l'extérieur, 1/9 de la hauteur en haut, 2/9 en bas.
- Bloc de texte
- La zone de texte de la page. Dans le canon, elle garde la proportion de la page, et sa hauteur égale la largeur de la page ; elle se centre sur la « moelle » optique, pas sur le centre géométrique.
- Neuvièmes
- La division de la page en neuf, qui redonne la construction de Van de Graaf : Raúl Rosarivo l'a retrouvée dans la Bible de Gutenberg.
- Grille manuscrite
- Une seule colonne : livres, e-books, PDF longs. L'équivalent de la zone de texte de Van de Graaf.
- Grille en colonnes
- Deux à six colonnes séparées par des gouttières : magazines, journaux, web.
- Grille modulaire
- Colonnes et rangées forment une matrice de modules : livres complexes, tableaux de bord. Müller-Brockmann détaille des grilles de 8 à 32 modules.
- Grille de ligne de base
- Des lignes horizontales équidistantes, calées sur l'interlignage : les lignes de texte s'alignent d'une colonne à l'autre, pour un rythme vertical propre.
- Grille hiérarchique
- Irrégulière, elle suit la hiérarchie de l'information plutôt qu'une géométrie stricte. Surtout sur le web.
- Module
- L'unité de base de la grille, à la rencontre d'une colonne et d'une rangée. Un groupe de modules voisins forme une zone spatiale.
- Gouttière
- L'espace entre deux colonnes ou deux rangées.
- Ligne de flux (flowline)
- Une ligne horizontale qui structure la lecture. La plus haute, où s'accrochent les éléments, est la ligne de suspension (hangline).
- Ligne de base (baseline)
- La ligne sur laquelle s'aligne le bas des lettres. Avec la ligne de suspension, elle structure le rythme vertical (Müller-Brockmann).
- Folio, titre courant, marqueur
- Les éléments récurrents d'un document long : le folio (numéro de page), le titre courant en haut (et le pied courant en bas), le marqueur de section en marge. Convention Tschichold : le folio vit dans la marge basse, hors du bloc de texte.
- Points de rupture
- Les largeurs où la grille change : ordinateur 12 colonnes (marges 40, 60 au-delà de 1 440 px, gouttières 24), tablette 8 colonnes (marges 32, gouttières 16), mobile 4 colonnes (marges 16).
- Grille stricte, grille souple
- Stricte (hard grid) : les éléments sont verrouillés sur les lignes. Souple (soft grid) : des multiples de l'unité de base, sans verrouillage ; les design systems actuels la préfèrent, plus flexible.
- Système 8 pt
- Le standard de fait des interfaces : toutes les dimensions et tous les espacements sont des multiples de 8. Pas de demi-pixels, des écrans ×2 et ×3 qui restent entiers, un nombre fini de valeurs ; la recommandation de Material Design (Google). Variantes : 4 pt, ou hybride (ligne de base 4 pt, espacements 8 pt).
- Design tokens
- Des noms symboliques donnés aux valeurs (Salesforce, vers 2014-2015) :
spacing-md = 16 px,font-size-h2 = 24 px. Ils garantissent la cohérence et la modification en cascade. - Cible tactile
- La taille minimale d'un élément interactif : 44 pt (Apple) ou 48 dp (Material).
- Règle des tiers
- Diviser l'image en neuf parties égales ; les quatre intersections sont les positions privilégiées des éléments importants. Une convention utile, pas une loi : l'idée que l'œil y revient plus volontiers n'est confirmée qu'en partie.
- Section d'or
- 0,382, soit 1 - 1/φ : la division d'une longueur selon le nombre d'or. 1/3 ≈ 0,333 en est une approximation simple.
- Point focal
- L'endroit où le regard va d'abord. On le crée par contraste (taille, couleur, forme), par isolement (un élément seul dans une zone vide) ou par convergence (des lignes qui y mènent).
- Balance symétrique
- Une distribution en miroir autour d'un axe : calme, formelle, statique (certificats, documents officiels).
- Balance asymétrique
- Une distribution non-miroir, mais à poids visuel équilibré : dynamique, moderne (magazines, posters, web).
- Balance radiale
- Des éléments qui rayonnent depuis un centre : focus, harmonie circulaire (logos, tableaux de bord centrés).
- Poids visuel
- Ce qu'un élément « pèse » dans la composition. Cinq leviers : la taille, la couleur (une zone saturée pèse plus), la texture, la position (un élément haut pèse plus que le même en bas, selon Arnheim) et la direction (un élément qui pointe vers une zone vide la « remplit »).
- Gestalt
- Six principes de regroupement perceptif : proximité, similarité, continuité, fermeture, figure / fond, destin commun. Pour grouper, la proximité passe avant la similarité.
- Style suisse
- Zurich et Bâle, années 1940-50 (Müller-Brockmann, Hofmann) : sans-serif (Helvetica, Akzidenz, Univers), fer à gauche asymétrique, grille rigoureuse et invisible, photo noir et blanc dans la grille, aucun ornement ; la hiérarchie par la taille et la graisse.
- Échelle modulaire
- Une suite de tailles obtenue en partant d'une base (16 pt web, 11 pt print) et en multipliant ou divisant par un ratio constant. Base 16, ratio φ : 6,1 → 9,9 → 16 → 25,9 → 41,9 → 67,8. Elle structure titres, espaces verticaux, hauteurs d'éléments.
- Ratio
- Le multiplicateur de l'échelle : φ 1,618, √2 1,414, octave 2, ou des valeurs plus douces comme 1,5.
- Modulor
- Échelle anthropométrique de Le Corbusier (Le Modulor, 1948 ; Modulor II, 1955), qui part du corps humain et du nombre d'or pour unifier architecture, mobilier et design. Critiqué pour son biais culturel et une application parfois rétrospective.
- Série rouge
- La série du Modulor issue de l'homme debout, 1,83 m, par φ : … 0,43 → 0,70 → 1,13 → 1,83 → 2,96 …
- Série bleue
- La série du Modulor issue du bras levé, 2,26 m, par φ : … 0,53 → 0,86 → 1,40 → 2,26 → 3,66 …
Proportions de page
La proportion d'une page - le rapport hauteur/largeur - détermine l'espace dans lequel tout le reste s'inscrit. C'est la première décision de toute mise en page. Quatre ratios dominent historiquement.
2:3 - proportion harmonique simple (ratio 1.5). La majorité des manuscrits médiévaux et des incunables ; Tschichold la considère comme la base la plus stable.
1:√2 (≈ 1.414) - norme allemande DIN 476 (1922), devenue la norme internationale ISO 216 (A4, A3…) en 1975. Propriété unique : couper la feuille en deux selon le côté long produit deux feuilles de même proportion. A0 mesure 1 m² par construction (841 × 1 189 mm).
1:φ (≈ 1.618) - le nombre d'or. Utilisé en architecture et en art depuis l'Antiquité ; Tschichold rapporte son usage en typographie entre 1550 et 1770.
Letter US (8.5 × 11 po, ≈ 1:1.294) - standard nord-américain (ANSI A), plus carré que l'A4 ou le 2:3.
Document standard mondial → A4 ou ratio √2. Marché US → Letter. Livre, magazine, esthétique classique → 2:3 ou nombre d'or. Format carré ou panoramique → choix conscient, à justifier.
Marges - le canon de Van de Graaf
Le canon de Van de Graaf est une construction géométrique précise pour positionner la zone de texte sur une page. Décrit par J.A. van de Graaf en 1946, popularisé par Tschichold, qui rapporte que les meilleurs incunables le suivaient - il l'appelle « le canon d'or de la construction de page ».
Pour une page de proportion 2:3 : marge intérieure 1/9 de la largeur, marge extérieure 2/9 ; marge haute 1/9 de la hauteur, marge basse 2/9 - soit un ratio de marges 2:3:4:6 (intérieur : haut : extérieur : bas). La hauteur de la zone de texte égale la largeur de la page, et la zone de texte garde la proportion de la page.
Pourquoi cette construction tient : la marge basse plus large ancre le texte sur la page ; la marge extérieure plus large laisse place à la prise en main et à l'aération ; la zone de texte se centre sur la « moelle » optique de la page, pas sur son centre géométrique. L'Argentin Raúl Rosarivo a montré que la même construction s'obtient en divisant la page en neuvièmes - technique qu'il a retrouvée dans la Bible de Gutenberg.
Colonnes et grilles modulaires
Josef Müller-Brockmann (1914-1996), figure centrale du Style International Suisse, formalise le système modulaire dans Grid Systems in Graphic Design (1981) : « Le travail du designer doit avoir la qualité clairement intelligible, objective, fonctionnelle et esthétique de la pensée mathématique. »
Grille manuscrite - une seule colonne. Livres, e-books, PDF longs ; équivalente à la zone de texte de Van de Graaf.
Grille en colonnes - deux à six colonnes séparées par des gouttières. Magazines, journaux, web.
Grille modulaire - colonnes + rangées formant une matrice de modules. Livres complexes, dashboards ; Müller-Brockmann détaille des grilles de 8 à 32 modules.
Grille de baseline - lignes horizontales équidistantes calées sur l'interlignage. Les lignes de texte s'alignent à travers les colonnes : rythmique verticale propre.
Grille hiérarchique - irrégulière, elle suit la hiérarchie de l'information plutôt qu'une géométrie stricte. Surtout sur le web.
Vocabulaire technique : module (unité de base), gouttière (espace entre colonnes ou rangées), flowline (ligne horizontale qui structure la lecture), hangline (flowline supérieure où s'accrochent les éléments), baseline, spatial zone (groupe de modules adjacents), marker, folio, running header / footer.
La grille 12 colonnes est le standard du web depuis Bootstrap : 12 se divise en 2, 3, 4 et 6, donc tous les ratios courants tiennent dans la même grille.
Texte courant (livre, rapport) → grille manuscrite, 1 colonne, calée sur baseline grid. Document mixte (magazine, brochure) → grille modulaire 2-3 colonnes. Document complexe (catalogue, dashboard imprimable) → 4-6 colonnes. Web ou PDF interactif → 12 colonnes, gouttières en multiples de 8 ou 4. Gouttières : 16 px mobile, 24 px desktop, 1.5 em pour le texte.
Hiérarchie visuelle et points focaux
La règle des tiers : diviser l'image en neuf parties égales ; les quatre intersections sont les positions privilégiées des éléments importants. Trois explications convergentes : un point focal décentré crée plus de tension dynamique qu'un point centré ; on avance aussi que l'œil y revient plus volontiers, ce que les études ne confirment qu'en partie ; enfin 1/3 ≈ 0.333 est une approximation simple de la section d'or (0.382, soit 1 - 1/φ). Une convention utile, pas une loi.
Créer un point focal : par contraste (taille, couleur, forme), par isolement (un élément seul dans une zone vide attire plus que dans une zone dense), par convergence (des lignes qui pointent vers un endroit y mènent l'œil).
Balance symétrique - distribution en miroir autour d'un axe : calme, formel, statique (certificats, documents officiels). Balance asymétrique - distribution non-miroir mais à poids visuel équilibré : dynamique, moderne (magazines, posters, web). Balance radiale - éléments rayonnant depuis un centre : focus, harmonie circulaire (logos, dashboards centrés).
Équilibrer le poids visuel en asymétrique - cinq leviers : la taille (un grand élément balancé par un petit bien placé), la couleur (une zone saturée balancée par une zone neutre plus large), la texture (motif complexe contre zone simple plus large), la position (un élément haut pèse plus que le même élément bas, selon Arnheim : le bas d'une composition équilibrée doit être plus chargé), la direction (un élément qui pointe vers une zone vide la « remplit » perceptivement).
Les six principes de Gestalt (proximité, similarité, continuité, fermeture, figure/fond, destin commun) gouvernent le regroupement perceptif - pour grouper, appliquer la proximité avant la similarité. Ils sont traités en profondeur dans le pilier Perception.
Document corporate formel → balance symétrique, focal central. Document éditorial → balance asymétrique, focal sur une intersection des tiers. Infographie, dashboard → balance radiale ou modulaire, focal central.
Symétrie, asymétrie et style suisse
Tschichold a publié deux livres qui s'opposent : Die neue Typographie (1928), manifeste de l'asymétrie moderne - grille, sans-serif, fer à gauche - puis dès les années 1930, le retour aux principes classiques, réunis dans The Form of the Book (recueil de 1975) - canon Van de Graaf, marges harmoniques, serif, justification. Cette tension est l'axe central du débat du XXe siècle. Sa résolution par Tschichold lui-même : l'asymétrie convient aux supports courts (affiches, brochures), la symétrie aux supports longs (livres).
Le Style Suisse (Zurich, Bâle, années 1940-50 - Müller-Brockmann, Hofmann) : typographie sans-serif (Helvetica, Akzidenz, Univers), alignement asymétrique fer à gauche, grille rigoureuse comme structure invisible, photographie noir et blanc intégrée à la grille, aucune ornementation, hiérarchie par taille et graisse plutôt que par décoration.
« Document classique formel » → symétrie, justification, serif. « Document moderne dynamique » → asymétrie fer à gauche, sans-serif, grille modulaire visible. « Magazine éditorial » → asymétrie avec image qui sort de la grille, titre sur plusieurs colonnes. « Document corporate » → asymétrie modérée, structure visible sans être militante.
Le Modulor
Échelle anthropométrique de proportions développée par Le Corbusier (Le Modulor, 1948 ; Modulor II, 1955) pour unifier architecture, mobilier et design à partir du corps humain et du nombre d'or. Deux mesures de départ - homme debout 1.83 m, bras levé 2.26 m - engendrent deux séries géométriques par φ : la série rouge (… 0.43 → 0.70 → 1.13 → 1.83 → 2.96 …) et la série bleue (… 0.53 → 0.86 → 1.40 → 2.26 → 3.66 …).
Le Modulor vise l'architecture, mais sa logique est généralisable au document : choisir une dimension de base, multiplier et diviser par un ratio constant, et faire suivre toutes les dimensions (tailles de texte, espacements, hauteurs) à cette échelle géométrique. C'est exactement la logique des échelles modulaires typographiques modernes.
Deux critiques documentées : un biais culturel (la stature de référence privilégie un homme occidental de 1.83 m ; les designers contemporains croisent φ avec des données anthropométriques plus larges) et une application discutable (Le Corbusier a parfois appliqué le système rétrospectivement). Cela n'invalide pas le principe d'échelle géométrique harmonique - mais invite à ne pas en faire un dogme.
Construire une échelle modulaire : choisir une taille de base (16 pt web, 11 pt print), choisir un ratio (φ 1.618, √2 1.414, octave 2), générer l'échelle. Base 16, ratio φ : 6.1 → 9.9 → 16 → 25.9 → 41.9 → 67.8. Base 16, ratio 1.5 : 7.1 → 10.7 → 16 → 24 → 36 → 54. L'échelle structure titres, espaces verticaux, hauteurs d'éléments.
Éléments structurels
Un document long contient des éléments récurrents : folio (numéro de page), running header (titre courant en haut), running footer, marker (indicateur de section en marge), page break, caption (légende), sidebar (encart), pull quote (citation mise en valeur).
Deux lignes structurent la rythmique verticale (Müller-Brockmann) : la hangline, ligne haute d'un module où s'accrochent les éléments, et la baseline, sur laquelle s'aligne le bas des lettres. Conventions de folio : en bas côté extérieur (livres classiques), en bas centré (magazines), en haut côté extérieur (ouvrages techniques). Convention Tschichold : le folio vit dans la marge basse - la plus large - hors de la zone de texte, pour préserver l'intégrité du bloc.
Document de référence formel : folio en marge basse côté extérieur, 9-10 pt, police du corps de texte ; running header en marge haute côté extérieur, 9-10 pt, italique ou petites capitales ; saut de page systématique en début de chapitre ; légende sous l'image, 9 pt, italique ; encart aligné sur la grille, séparé par une gouttière ou un filet.
Adaptations modernes - 8pt, tokens, responsive
Le système 8pt est le standard de fait des interfaces numériques : toutes les dimensions et tous les espacements sont des multiples de 8 (8, 16, 24, 32, 40, 48…). Cinq raisons documentées : compatibilité des tailles d'écran (pas de demi-pixels), scalabilité retina (×2, ×3 restent entiers), cohérence visuelle (un nombre fini de valeurs réduit l'arbitraire), communication design-développement, et recommandation de Google (Material Design).
Variantes : système 4pt (granularité fine), 8pt linéaire (ajout constant), 8pt modulaire (8, 13, 21, 34, 55 - multiplication par φ), hybride 4pt baseline + 8pt spacing. Les design tokens (Salesforce, vers 2014-2015) nomment symboliquement les valeurs - spacing-md = 16 px, font-size-h2 = 24 px - pour garantir la cohérence et la modification en cascade.
La grille 12 colonnes s'adapte aux breakpoints : desktop large (1440 px+) 12 colonnes, marges 60, gouttières 24 ; desktop standard 12 colonnes, marges 40 ; tablette (768-1024) 8 colonnes, marges 32, gouttières 16 ; mobile (320-768) 4 colonnes, marges 16. Enfin, hard grid (éléments verrouillés sur les lignes) contre soft grid (multiples de l'unité de base sans verrouillage) : les design systems modernes préfèrent le soft grid, plus flexible.
PDF moderne destiné à l'écran : unité de base 8 pt ; espacements verticaux en multiples de 8 ; gouttières 16 ou 24 pt ; tailles de texte sur l'échelle modulaire avec interlignage en multiples de 4 ou 8 ; éléments interactifs : au moins 44 pt (Apple) ou 48 dp (Material).
Sources : Tschichold, The Form of the Book (essais 1937-1975) · Lichtenberg (1786) · Porstmann, DIN 476 (1922) → ISO 216 (1975) · Kuhn, International Standard Paper Sizes · Van de Graaf, Nieuwe berekening voor de vormgeving (1946) · Rosarivo (Bible de Gutenberg) · Tschichold, The Form of the Book · Bringhurst, The Elements of Typographic Style · Müller-Brockmann, Grid Systems in Graphic Design (1981) · Gestaltungsprobleme des Grafikers (1961) · Bootstrap · Material Design · Atlassian Design System · Arnheim, Art and Visual Perception (1954) · Wertheimer, Köhler, Koffka (1900-1930) · Smashing Magazine (série Gestalt) · NN/Group · UXPin · Tschichold, Die neue Typographie (1928) · The Form of the Book (1975) · Müller-Brockmann (1981) · Hofmann, Graphic Design Manual (1965) · Le Corbusier, Le Modulor (1948) · Modulor II (1955) · ETH Library · Markowsky, Misconceptions about the Golden Ratio (critique) · Vanseo Design, Anatomy of a Modular Typographic Grid · Visme, Layout Design: Types of Grids · DesignSystems.com · Bryn Jackson (8pt) · Apple HIG
Dix questions sur les formats, le canon, les grilles, le regard et l'échelle.
